A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation célébrée ce vendredi 16 octobre à Sédhiou, le mouvement panafricain «Nous sommes la solution» a réuni des centaines de femmes rurales du Sénégal et de la sous-région. Réunies autour du thème «Innover aujourd’hui, nourrir demain», ces actrices de la souveraineté alimentaire ont tiré la sonnette d’alarme contre les intrants chimiques, le brevetage des semences et l’usage nocif des bouillons industriels, tout en promouvant des alternatives locales adaptées.

Par Seydou Tamba CISSE – La Place de l’indépendance de Sédhiou a refusé du monde ce vendredi 16 octobre. Le mouvement panafricain «Nous sommes la solution», présent dans 12 pays d’Afrique dont le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Mali, y a célébré la Journée mondiale de l’alimentation. Une opportunité saisie par les femmes rurales de la sous-région pour réaffirmer leur rôle central dans la chaîne alimentaire et plaider pour un retour ferme aux pratiques agricoles et culinaires endogènes.

Des femmes conscientes des enjeux sanitaires

Pour la présidente du mouvement panafricain, Mme Mariama Sonko, le choix d’interpeller les femmes repose sur un constat sans appel : la prolifération de nouvelles maladies chroniques liées à la mauvaise alimentation. «La femme est l’actrice incontournable de l’alimentation, de la production à la consommation», a rappelé Mariama Sonko. «Nos ancêtres ne connaissaient pas toutes ces maladies qui nous assaillent aujourd’hui. Elles sont dues à notre mauvaise alimentation. Il est temps que les femmes prennent conscience de la responsabilité qu’elles ont envers la santé de leur famille, de leur communauté et de toute la population africaine.»

Déterminé à faire en sorte que les populations africaines ne soient plus des «cobayes», le mouvement fonde ses actions de sensibilisation et de formation sur deux slogans phares : «Non au brevetage du vivant» et «Non à l’utilisation des intrants chimiques dans l’agriculture». Selon les responsables du mouvement, l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour booster sa production agricole tout en garantissant une excellente qualité nutritionnelle. Le combat a d’abord commencé par la régénération des sols appauvris, puis par la préservation et la valorisation des semences locales paysannes.

Le «Soumpaque» : une alternative saine aux bouillons industriels

Si la restauration des sols et la qualité des semences constituent les premiers piliers de la souveraineté alimentaire, la transformation et la cuisson des repas demeurent l’étape ultime où se joue la santé des consommateurs. Mme Mariama Sonko déplore ainsi que les efforts consentis en amont soient gâchés au moment de la cuisson par l’usage massif de bouillons chimiques industriels. Pour y remédier, le mouvement «Nous sommes la solution» a mis au point une alternative 100% locale : le «Soumpaque». Ce bouillon naturel, confectionné à partir de produits locaux, rehausse le goût des plats sans aucun risque pour la santé humaine. En plus de préserver le bien-être des consommateurs, le «Soumpaque» participe activement à la dynamisation de l’économie locale. En conclusion de cette journée de mobilisation, les femmes rurales du mouvement ont lancé un appel pressant aux autorités compétentes pour qu’elles accompagnent la promotion de ces alternatives locales et soutiennent durablement la souveraineté alimentaire au Sénégal et en Afrique.

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