En visite à Thiès pour lancer sa rentrée syndicale et célébrer la campagne «Octobre Rose», le Bureau national du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen et secondaire (Cusems) a vivement dénoncé la non-matérialisation de plusieurs engagements de l’Etat, agitant la menace de tensions sur l’année scolaire.

Par Cheikh CAMARA – La rentrée syndicale du Cusems, couplée à la célébration de la campagne «Octobre Rose» ce mardi 13 octobre 2026 dans la Cité du Rail, a servi de tribune au Bureau national du syndicat pour dresser un constat amer. «Nous nous sommes rendu compte que beaucoup de points n’étaient pas encore matérialisés. Nous le déplorons vivement, car un protocole d’accords n’a de sens que si les engagements pris sont scrupuleusement respectés», a martelé Aliou Diouf, Secrétaire général national du Cusems.

Parmi les griefs majeurs figurent la question de la refonte du système de rémunération, ainsi que le non-paiement récurrent des indemnités du baccalauréat et du Bfem. «Ces indemnités d’examens devaient être versées dès la fin des épreuves, mais le problème reste entier jusqu’à présent», s’insurge M. Diouf. Autre point d’achoppement : le blocage de la formation continue à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef). Selon le leader syndical, l’Etat n’a toujours pas versé le reliquat financier dû à l’établissement, empêchant ainsi les auditeurs de passer leurs examens de validation. «Toutes ces questions constituent des menaces réelles qui planent sur l’année scolaire. Il va de soi que si cette inertie persiste, nous nous acheminerons inévitablement vers de nouvelles perturbations», prévient-il.

Défis pédagogiques et réformes administratives

Au-delà des revendications financières et statutaires, le Cusems a exprimé de fortes réserves sur la conduite de la politique de promotion des sciences. Tout en saluant l’orientation stratégique vers les disciplines scientifiques, Aliou Diouf remet en cause sa mise en œuvre sur le terrain. «Pour orienter un élève en série scientifique, il faut s’assurer qu’il en a le profil. Aujourd’hui, il suffit d’avoir une moyenne passable dans une seule matière scientifique pour être affecté en S, sans que les parents n’aient la possibilité de demander une réorientation. Cela risque de poser un véritable problème pédagogique», analyse-t-il. S’agi-ssant de la suppression de l’examen de l’Entrée en sixième, le Cusems salue une décision «à encourager», tout en exigeant des mesures d’accompagnement rigoureuses. Sans investissements massifs dans les infrastructures d’accueil, avertit le syndicat, les établissements du moyen-secondaire risquent d’être con-frontés à une pléthore ingérable d’élèves dans les salles de classe.

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