Il demeure une personne ou un camarade de confiance, en qui tous les espoirs sont permis. Il est également celui en qui les travailleurs-salariés, les syndicats, les centrales et les internationales syndicales croient ; et à mesure de rassembler, de parfaire et de guider les luttes, voire les revendications : il s’acquiert une solide réputation.

Malheureusement, il reste un défaillant, parce que faible dans tout son corps et dans tout son esprit. Il n’exécute point ses engagements, puisqu’il mène des actions intelligentes dans des pratiques obsolètes. Il manque de courage, incarne la sournoiserie, ne croit pas à la bataille, à la victoire, encore moins à la solidarité. En ce sens, la courtoisie n’est point son fort. Il préfère courber l’échine et ramper, à l’image d’un saltimbanque s’exposant à faire le pitre. En un mot, il restera une personne réduite à la mendicité : un vagabond et un masturbateur syndical.

Or, le syndicalisme de vertu a besoin de s’appuyer sur sa diversité, pour remettre en cause l’adversité. Autrement dit, il ne s’agit pas de renoncer à la souveraineté qui est la nôtre. Il s’agit de retrouver notre liberté de mouvement, notre solidarité légendaire, combattue de mille façons et de mille manières, par ces défaillants-là. Il s’agit de foi, de raison et de robustesse positive, et non d’une agression. Il s’agit de faire face à l’odeur nauséabonde des malpropres. Il s’agit de faire face à l’hégémonie d’une race de dissidents, non pas par idéologie mais par pur opportunisme, aux fins d’un plan de carrière, sans aucune dignité. Et quand s’inscrit la démagogie, les réalités objectives remuent les cendres des archives de l’histoire syndicale.

Oui, la lutte des classes subsiste encore. Cette lutte demeure fondamentale. C’est toute une démarche dans la transparence, dans la ferveur militante, dans la sueur et dans l’effort, dans les sacrifices et dans l’unité. Et, elle nous pousse à la création et à la bataille des idées robustes contre la précarité et contre la flexibilité… dans l’endurance et dans le patriotisme syndical, tendant à la disparition de l’unité du mouvement social. Certes, la convergence des travailleurs-salariés demeure une possibilité. C’est pourquoi il nous faut combattre le confort, les petits bourgeois et la bourgeoisie syndicale. Sous cet angle, nos aspirations doivent être forgées dans la souffrance, dans l’amertume, dans la douleur et dans la trahison, tout en prenant en compte ces défaillants … aux fins de nous éviter l’exclusion de la gestion des instruments de production. Sous ce regard obscur, ces défaillants ne font pas peur au monde syndical et encore moins au Front syndical, dans leur lutte qui englobe les aspirations, les préoccupations et les besoins de tout un peuple mais, surtout, d’une populace aux abois.

Ces défaillants, une classe nouvelle de petit bourgeois de moindre valeur et de moindre envergure, face aux immenses sacrifices d’un front syndical qui a déjà pris la mesure des enjeux syndicaux et économico-sociaux. Une décision en plusieurs catégories qui prend en compte : les ouvriers, les employés, les techniciens, les ingénieurs et les cadres de tous bords, pour se démarquer [également] de la petite bourgeoisie traditionnelle . Pourtant, ils sont tous au service d’un employeur, quels que soient leur rôle et leur rang, dans la société sénégalaise. Et sous cet angle, il ne s’agit point de nier les convergences entre les différentes catégories de salariés. Il en est de même des professions libérales : une classification pernicieuse… sur le plan architectural, de l’harmonie et du niveau de vie.

Oui pour la grève et pour la dénonciation de l’étiquette de la corporation et des égoïsmes de salariés peaufinés qui fleuriront… une nouvelle classe incapable de forger une alternative syndicale révolutionnaire. Ils sont pour la casse syndicale et ils sont incapables de fusion.

Fondamentalement donc, le front syndical n’a nullement besoin des renégats. Il a besoin de combattants syndicaux en toute discipline. En cela, le courage du front syndical : son courage et sa conscience sont un bonheur pour le monde du travail. Vous demeurez donc une fierté et un exemple de respect dans l’abnégation. Unis dans une parfaite solidarité et dans la confiance absolue, nous vaincrons. Pauvre briseur de grève va !

Ibrahima Khalil MENDY

Sg du Syntips/ Cnts

et président du Mouvement

des permanents Cnts