A quelques jours des Joj, le climat social est tendu avec la grève générale prévue par les centrales syndicales, ainsi que les mots d’ordre de grève décrétés par les syndicats de l’enseignement. Cette situation a fait réagir le gouvernement, qui a brandi un niveau d’exécution des accords avec les partenaires sociaux satisfaisant. Pour le ministre de la Fonction publique et son collègue de l’Education nationale, le bilan ne justifie pas les menaces de grève formulées.

Le gouvernement était hier en conférence de presse pour communiquer sur le climat social marqué ces derniers jours par des menaces de grève et même des grèves, notamment dans le secteur de la santé. Mais si on en croit le ministre de la Fonction publique, ces perturbations n’ont pas lieu d’être. Mamadou Lamine Dianté se réjouit du niveau d’exécution du Pacte de stabilité sociale. Selon lui, ce pacte, qui a été signé pour une durée de 3 ans, affiche, en une année et 5 mois de mise en œuvre, un taux de réalisation satisfaisant. Parmi les réalisations majeures, M. Dianté cite «l’adoption, la promulgation et la publication du Code du travail et du Code de la sécurité sociale ; la généralisation de l’indemnité de logement aux agents de l’Etat qui est effective depuis le mois de janvier 2026». Poursuivant son propos, le ministre informe que «dans le cadre de la Loi de finances rectificative, cette mesure sera étendue aux contractuels du ministère de la Santé et de l’hygiène publique».

Dans la même veine, Mamadou Lamine Dianté soutient qu’il y a «plusieurs dossiers statutaires en suspens qui ont trouvé une issue favorable». Il en veut pour preuve «la régularisation de la situation des enseignants décisionnaires», avec deux décrets qui ont été pris concernant ces enseignants. Et d’ajouter : «Au niveau de mon département, au-delà des actes que nous produisons régulièrement, deux guichets uniques ont permis de générer 2157 actes qui ont impacté plus de 2500 agents, et la plupart de ces actes ont été mis en solde. Il y a le reclassement des techniciens supérieurs de la santé au niveau hiérarchique A2, le reversement des maîtres d’éducation physique et sportive, ainsi que le reclassement des greffiers.» Selon l’ancien syndicaliste, l’Etat «a engagé le processus de recrutement de 4527 enseignants ; 2000 ont été déjà recrutés et 2500 sont en cours de recrutement». A l’en croire, «500 enseignants chercheurs ont été recrutés, 2500 agents de santé sont en cours de recrutement, ce qui va renforcer les capacités humaines dans les secteurs de l’éducation et de la santé».

D’après le ministre de la Fonction publique, concernant le Pacte de stabilité sociale, sur 84 engagements pris par l’Etat, 35 ont été entièrement réalisés et 25 sont en cours d’exécution. Ce bilan reluisant établi, Mamadou Lamine Dianté a appelé ses anciens camarades syndicalistes à surseoir à leur mouvement de grève jusqu’à la prochaine réunion du comité de pilotage, prévue en janvier. Pour éviter la paralysie du secteur public, Mamadou Lamine Dianté a relayé l’appel du Premier ministre invitant les centrales syndicales à geler leurs actions de protestation. L’Exécutif sollicite ainsi un moratoire jusqu’à la prochaine session du comité de pilotage, annoncée pour janvier, afin de poursuivre les négociations et d’aplanir les divergences. Soulignant que «le but de la discussion n’est pas la victoire, mais l’amélioration», M. Dianté rappelle que le gouvernement demeure ouvert au dialogue social. Tout en appelant les acteurs syndicaux à faire preuve de responsabilité et de patriotisme, le ministre de la Fonction publique rappelle toutefois que l’Etat veillera au strict respect des règles de l’Administration, à la continuité du service public, ainsi qu’à la garantie de la liberté de travail sur l’ensemble du territoire national.

Tout comme son collègue de la Fonction publique, le ministre de l’Education nationale a affiché son étonnement. «J’ai été particulièrement surpris par le mot d’ordre de grève lancé par le G7 au moment où les élèves s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école, parce que le dialogue n’avait jamais été rompu. Au contraire, depuis la signature du protocole le 16 avril 2026, le Comité de suivi des accords tient des rencontres mensuelles, voire bimensuelles, avec la participation active des organisations syndicales. L’enjeu principal était d’assurer une meilleure articulation entre la tenue de ces rencontres, le suivi des engagements et le respect des échéances.» D’après Moustapha Guirassy, «ces rencontres rapprochées ont permis d’apporter des réponses concertées, d’identifier rapidement les difficultés et de se mettre en dialogue permanent avec le G7».

Et de se féliciter : «Ainsi, en termes de bilan, tous les points du protocole dont les échéances sont fixées au plus tard en fin octobre, ont été traités, à l’exception d’un seul point : la formation diplomante des instituteurs adjoints et des maîtres contractuels. Tous les autres ont été traités, soit 99% de taux de réalisation du côté du ministère de l’Education nationale.» Pour lui, «cela devrait impacter positivement les engagements au niveau du pacte». Citant quelques réalisations concrètes, le ministre de l’Education nationale informe que «les indemnités des formateurs externes, celles dues au titre de 2023 à 2025, ont été intégralement payées à titre dérogatoire ; pour les indemnités de fin d’examen, le taux de paiement dépasse les 75%, tandis que les procédures se poursuivent pour les dossiers restants».

Moustapha Guirassy, qui dit ne pas nier les difficultés, soutient toutefois qu’au moment où le Sénégal s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse, «il y a une question fondamentale de risque d’image et de réputation à l’international, de paix sociale et de droit à l’éducation de nos enfants, qui se pose à nous tous». Et de sensibiliser en s’interrogeant : «Si chaque citoyen disait que l’Etat lui doit telle ou telle chose et se mettait à bloquer les rues ou à pénaliser les autres, que serait notre Nation ? Si chaque corporation se décidait de mettre en difficulté les secteurs vitaux du pays à chaque fois qu’un calendrier n’est pas respecté, la République céderait immédiatement la place à l’anarchie. Aucun pays ne peut se construire dans un climat délétère permanent, de contestation systémique, et la paralysie du service public.»

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