Lors d’un Comité régional de développement (Crd) à Ziguinchor, la ministre Amy Mara Dièye a dévoilé une enveloppe de plus de 3 milliards de F Cfa pour moderniser les infrastructures de la pêche artisanale dans la zone sud. Une initiative qui vise à valoriser les produits halieutiques et à améliorer les conditions de travail des acteurs locaux.

Par Justin GOMIS – La pêche artisanale occupe une place essentielle dans l’économie de la Casamance. Pour accompagner son développement, le ministère des Pêches et de l’économie maritime entend renforcer les investissements dans la zone sud. C’est dans ce contexte que la ministre Amy Mara Dièye a annoncé, lors du Comité régional de développement (Crd) tenu à Ziguinchor, des investissements de plus de 3 milliards de F Cfa en faveur du secteur.

Cette annonce, détaillée dans un document par le ministère, constitue l’un des temps forts de la tournée de travail et de concertations effectuée par la ministre dans la région. De Ziguinchor à Cap-Skirring, en passant par Mangakounda, Baghagha, Fanda et Elinkine, la mission a permis de rencontrer les acteurs de la pêche, d’échanger avec les femmes transformatrices et de mettre en lumière les besoins des communautés.

Des infrastructures pour moderniser la filière

A Cap-Skirring, la ministre a procédé au lancement des travaux de construction d’une unité moderne de transformation des produits halieutiques et d’une maison des acteurs de la pêche. L’unité est réalisée dans le cadre du projet Anaré Difal, «Femmes de la mer», financé par le gouvernement du Japon et mis en œuvre avec l’appui de la Fao. La maison des acteurs relève du projet Senrm, financé par l’Etat du Sénégal avec l’appui de la Banque mondiale.

A Elinkine, le lancement des travaux d’une autre unité moderne de transformation s’inscrit dans la même dynamique de modernisation. Ces infrastructures visent notamment à améliorer les conditions de travail des femmes transformatrices, à réduire les pertes après capture et à renforcer la qualité des produits.

La région de Ziguinchor dispose d’une façade maritime d’environ 85 kilomètres et compte 36 sites de débarquement de la pêche artisanale. Les débarquements sont passés d’environ 70 410 tonnes en 2020 à 84 004 tonnes en 2025, confirmant le poids de la filière dans l’économie locale. Ce potentiel nécessite des infrastructures adaptées pour la conservation, la transformation et la commercialisation des produits. A Mangakounda, Baghagha et Fanda, les échanges avec les communautés et les femmes transformatrices ont notamment mis en évidence l’importance de l’accompagnement des acteurs et de l’amélioration des équipements.

Le Crd de Ziguinchor, poursuit le ministère des Pêches, a constitué un cadre de concertations entre les services de l’Etat et les acteurs du secteur autour des enjeux de la pêche et de l’économie maritime. La visite de terrain à Kafountine a également prolongé cette démarche de proximité avec les communautés de pêcheurs.

A travers cette tournée, le ministère met en avant une orientation qui associe investissements, modernisation des infrastructures et dialogue avec les professionnels. L’enjeu est désormais de traduire les annonces en réalisations concrètes, capables de soutenir l’emploi, d’améliorer les revenus des acteurs et de renforcer durablement la contribution de la pêche à l’économie de la Casamance.

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