A plus de 40 km de Bignona, le village de Biti-Biti cumule les défis : absence de pistes praticables, déficit d’électricité et matériels agricoles rudimentaires. Face à ces contraintes, les rizicultrices de la commune de Djinaky élèvent la voix pour réclamer une mécanisation de leurs travaux champêtres.
Par Aladji BADJILANG – Situé dans la commune de Djinaky (département de Bignona), le village de Biti-Biti pratique la riziculture au prix de lourds sacrifices, principalement dus à un manque criant de moyens. Face à cette situation, les femmes de la localité sont montées au créneau pour lancer un véritable cri du cœur.
Constituées en Groupement d’intérêt économique (Gie) et regroupant plus d’une centaine de membres, ces rizicultrices font face à un obstacle majeur : la pénibilité du travail. Epuisées par l’usage d’outils rudimentaires en plein XXIᵉ siècle, elles sollicitent l’appui des autorités étatiques pour l’acquisition de tracteurs. L’accès à ces engins leur permettrait de labourer plusieurs hectares, d’accroître significativement leur production et de réduire considérablement le temps passé dans les rizières.
Pourtant, la communauté n’a pas ménagé ses efforts : Biti-Biti est l’un des rares villages de la zone à avoir clôturé l’ensemble de ses périmètres rizicoles pour lutter efficacement contre la divagation des animaux, qui dévastaient autrefois semis et récoltes. Aujourd’hui, alors que le village abrite un Collège d’enseignement moyen (Cem) et un Lycée d’enseignement général accueillant des élèves venus de diverses localités, les besoins alimentaires se sont accrus. Il est désormais crucial de garantir des récoltes abondantes pour nourrir ces jeunes et assurer la subsistance des ménages. C’est ce qu’a souligné Mme Aroky Coly, porte-parole des rizicultrices, en réclamant un matériel agricole adapté.
Un enclavement dramatique et un déficit d’infrastructures
Outre les difficultés agricoles, Biti-Biti souffre d’un isolement critique. Située à plus de 40 kilomètres de la ville de Bignona et à proximité de la frontière gambienne, la localité ne dispose d’aucune route praticable en toute saison. Pour s’y rendre, le voyageur doit quitter la Transgambienne au niveau du village de Diounoungue et s’engager sur une piste particulièrement dégradée.
A cet enclavement routier, s’ajoute l’absence d’électricité, qui freine le développement d’activités génératrices de revenus -comme le commerce de produits frais- et entrave la scolarité des nombreux élèves, réduits à étudier dans la pénombre. De plus, la couverture du réseau téléphonique y est très instable, compliquant fortement les communications, surtout en période d’hivernage.
Pourtant doté d’un fort potentiel naturel, ce village emblématique de la «zone des palmiers» -ainsi nommée en raison de l’abondance des palmiers à huile dans les champs et les rizières- attend toujours les investissements infrastructurels indispensables à son essor.
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